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Hybride? La fausse solution?

L'avenir du déplacement sera-t-il la voiture? Et cette voiture sera-t-elle électrique?

C'est à la vue des aides et publicités intenses sur les véhicules "hybrides" que je libère ma réflexion.

La mode d'abord: les Gros véhicules surélevés, "tout terrain" d'apparence, pourquoi? surtout dans les mains frêles de dames amenant leurs enfants devant l'école ou pour aller vite chercher un paquet de cigarettes. Cela donne t-il une impression de liberté, de sécurité? (surement une caricature mais base du commerce, l'homme s'en servant d'alibi).

La préservation de l'avenir de la planète ensuite, puisque le gaspillage des ressources avec l'émission de polluants doit être fortement réduit sinon complètement supprimé.

L'économie enfin, qui pousse à préserver ou développer l'emploi dans l'une des branches qui faisaient la base du développement depuis plusieurs décennies.

 

Donc dans le plan de relance , mais en continuité des aides à la filière automobile, une favorisation des remplacements de véhicules les plus consommateurs et polluants pour "l'électrique", en vue de la suppression des diesels et même de l'essence (projets dans les villes de restriction de circulation).

Nous entendons les constructeurs s'appuyer sur les statistiques: la moyenne des parcours journaliers est  inférieure à 50km, la distance moyenne annuelle inférieure à 10 000km ... Mais les moyennes sont elles les vrais critères de sélection pour tous les conducteurs, dans toutes les régions et pour tous les déplacements?

Entre l'habitant en agglomération, avec à disposition des transports publics, avec des distances relativement réduites, des déplacements souvent effectués seul, et les "habitants des champs" mal desservis, distants des centres d'activités, la problématique est sans rapport, et on touche surement les extrêmes qui font les moyennes.

Entre le petit déplacement urbain quotidien et le grand voyage, rien n'est comparable. Alors voiture des villes, voiture des champs, mais pourquoi le SUV et pourquoi hybride "rechargeable".

Simplement un constat, à l'heure actuelle il est difficile de parcourir une certaine distance sans avoir la crainte de la panne, petite distance mais y aura-il une borne de recharge libre? Et compatible tant en typologie qu'en contrat d'abonnement?  Y aura-il un second déplacement à faire? Y aura t-il un changement d'itinéraire? Et pas de possibilité d'utiliser le même véhicule pour une grande distance, une plus grande autonomie ce sont des batteries plus grosses (et encore la limite est vite proche) donc la solution de l'hybride semble idéale. Inventée à l'origine pour diminuer l'indice d'émission CO2 dans le cycle de validation des mise sur le marché, mise à l'écart des subventions à l'achat, c'est finalement une technique qui permet de contrer le refus d'achat de véhicules à risque de coupure d'alimentation. C'est par une expérience de longue date d'usage de ce type de véhicule que je peux exprimer une certaine appréhension de cette limitation.

Mais si le SUV semble déjà exagéré par rapport à son usage, l'hybride me parait pire. On ne change rien au système de propulsion: moteur thermique lourd, boite de vitesse lourde, réservoir carburant; on ajoute moteur électrique, couplage-embrayage et surtout batteries très lourdes même si petite autonomie. De plus si l'essence et non le gasoil est retenu donc dejà davantage de consommation il faudra une surconsommation puisqu'une partie d'énergie sera consacrée à la recharge, (Volvo dans une étude estimait entre 2 et 5% cette augmentation).  

Alors, solution temporaire? L'électrique n'est pas l'avenir lointain, un simple déplacement du site de production des polluants: création d'énergie stockée, quels moyens de production? Nucléaire, hydraulique, ENR ou fuel, gaz, voire charbon comme la Chine et l'Allemagne? Tous ces investissements dans les bornes, le charge seront-ils bientôt périmés, obsolètes et remplacés comme la première génération de panneaux solaire ou les éoliennes?  En attendant l'invention, la Covid nous montre le chemin: déplaçons-nous moins, surtout pour l'indispensable. Dans l'avenir l'achat de la voiture individuelle sera-t-il bien pratique? Plutôt utiliser un véhicule optimisé selon le besoin, probablement un véhicule à partager, surtout s'il est à changer fréquemment pour s'adapter aux nouvelles versions d'énergie ou de normes (un peu comme les téléphones mobiles), surtout si un changement fondamental survient comme le passage à l'hydrogène ou au véhicule à conduite autonome.

En attendant ce sont les évolutions des voies et des normes qui devraient être anticipées par les acteurs publics (nationaux ou locaux) afin de"normaliser" les rapports entre les citoyens qui utilisent les divers moyens de déplacements, depuis la marche avec des trottoirs décents et des passages en continuité, le petit engin comme les cyclistes mais les usagers d'EDPm, les véhicules plus rapides et plus encombrants enfin les réseaux de transports en commun. Un schéma clair et réaliste devra-t-il encore longtemps se faire attendre?

 

PS: Cet article en attente, se trouve propulsé par la diffusion de la déclaration de WWF sur les SUV estimés plus gros pollueurs.

Ajout mercredi 7-10 12h:  Dans les recherches de solutions pour les rapports piétons-automobiles le feu intelligent retoqué.

Ajout 27 Octobre:   Cet article de réflexion sur les modes alternatifs à la "grosse voiture".

Lien permanent Catégories : Politique Nationale, Science 3 commentaires

Commentaires

  • Surtout un parc important de ces SUV souvent diesel, était formé par les voitures de fonction du dirigeant ou cadres, des petites PME ou sociétés individuelles, dont les déductions fiscales sont le motif par rapport aux salaires surchargés de prélèvements sociaux. (Reportage de télématin en Belgique ce 13/10/2020). La nouvelle prime voiture électrique d'occasion annoncée valable au 1/1/21 "pour tous" semble un leurre. Ces voitures sont particulièrement issues d'un parc "fatigué" (voitures de la Poste par ex ou Bolloré Paris, ...) elle sont de conception déjà dépassée, avec un fort risque sur l'élément le plus cher: la batterie. Le "pour tous" : 1000€ sur critère de revenu fiscal, 500€ au-delà, une batterie c'est au minimum 3500€ !!!

  • Beaucoup de messages, pour insister sur l'avenir de l'électrique. Personnellement j'en doute. D'ailleurs l'engagement d'aides financières au développement de l'hydrogène semble tempérer cette certitude initiale. On voit les prix des recharges augmenter, peut-on croire que l'état ne récupérera pas sur la recharge électrique les taxes perçues sur les carburants à la pompe - le compteur Linky est préparé pour cela dans toute l'Europe. Et qui a fait la queue à une borne sur autoroute pour en connaitre la durée réelle? Quant au financement de la seule borne de Coupvray, qui en mesure le retour par une statistique d'utilisation? La lecture de l'étude (voir la bibliothèque n6) est édifiante et s'avère prophétique 10 ans après son édition .

  • Cureux de ce que cache le terme de "hybride rechargeable" dans les publicités de Toyota. Le pionnier et leader du marché passe l'idée que "rechargeable" s'applique non au passage par la borne de recharge (qui est le problème de la faible autonomie) car remplacé par une recharge "en roulant". Donc la production électrique est issue de l'alternateur associé au moteur essence, ressource principale de l'énergie de fonctionnement d'un "Hybride". Quel gain pour la planète puisqu'il y aura une augmentation de consommation donc de pollution CO2 et particules. Est-ce un leurre pour obtenir les primes auxquelles un hybride "non rechargeable" n'a pas droit. En fait tous les véhicules électriques possèdent cette faculté de recharge en utilisant le frein mateur comme dynamo.

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