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La résurgence.

On connait le principe de la résurgence: quelque part un cours d'eau disparait dans un gouffre, circule en rivière souterraine, puis surgit dans une faille s'étale en rivière, on croit une source mais en fait c'est un vieux cheminement qui réapparait.

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Il parait qu'à Strasbourg, pour son contournement, c'est un vieux projet de stratèges planificateurs, tous ingénieurs des Ponts et Chaussées, qui avait été enterré. Prévu à long terme dans les 2eme ou 3eme plans nationaux, lorsque l'état avec des organismes spécialisés comme la DATAR, sous l'égide d'un commissariat au plan avant les années 70, imposait une vue jacobine centralisatrice avec le Schéma de Cohérence Territorial de 1965, avant la première crise pétrolière. Oublié ce projet, combattu par la logique des espaces boisés à protéger, par le besoin des habitants de conserver leur nature avant même l'intervention des écologistes.

Mais en 2018, les camions trans-européens, préférant les routes et autoroutes sans péages des banlieues de métropoles françaises, à leurs équivalentes germaniques où les parcours génèrent des taxes carbone, ce vieux projet a resurgi.

 

Nous avons connu dans notre secteur un tel projet de grande rocade routière de dégagement. Dans ce qui s'appelait alors le Schéma directeur de l'île de France je me souviens de manifestations contre une grande balafre dans notre paysage qui avait sur les cartes le beau nom de C5. Promis juré "abandonné" suite aux troubles durant les consultations, pour ce quelles étaient à l'époque (on parle de 1975).

La trace en fond de plan de ce dé-enclavement vers le nord, figurait encore malgré tout dans les schémas suivants, au point de justifier dans le PIG de 1987 pour le projet d'implantation de Disneyland Paris, par une flèche d'intention au rond point du circulaire Disney en raccord avec la  N34 (aujourd'hui RD934). C'est à dire, puisque la morphologie du paysage est ainsi, franchir un talweg (ancienne boucle du Morin) d'une profondeur de 80m d'environ 1km de large.

Il nous semblait impossible d'imaginer le financement d'un viaduc (celui de la ligne TGV vers Roissy passe à 35m) au dessus de nos têtes, avec le bruit, les retombées de poussières, en complément de la coupure visuelle.

Mais quand on voit la dimension du viaduc du contournement nord de la ville de Meaux, dont le pays ne comporte que 92000 habitants.
Quand on sait que l'agglomération de la ville nouvelle de Val d'Europe n'envisage plus 30 000 habitants "à terme" comme l'indiquait le projet Disney, mais 60 000 au prochain terme de 2030, avant une suite probable de 100 000 seule sans compter les voisins.

L'exemple de la résurgence du GCO de Strasbourg (*) après 45 ans d'invisibilité, ne peut nous faire croire à une indispensable future résurgence du seul passage encore réservé à travers nos campagnes, lorsque la pression sur la circulation l'exigera.

Nous ne pourrons pas dire "l'Epamarne ne traite pas les dossiers de cette façon", puisque l'exemple du viaduc de raccordement de la A86 sur la A4 au fameux "Pont de Nogent" fut dans sa zone d'intervention.
Tracer un passage d'une telle voie à travers des espaces riverains vendus pour des zones urbaines sans anticiper sa construction, c'était se heurter au rejet par les nouveaux habitants et leurs représentants.
Donc c'est après plus de 50 ans  de coût des infrastructures provisoires de remplacement, d'embouteillages avec ce qu'ils représentent de crises nerveuses, d'accidents, de frais pour la durée des déplacements et de pollution des échappements, qu'enfin un dernier coup de pioche est en cours avec de nombreux frais et déviations supplémentaires.

 

Comme les élus de l'agglomération du Val d'Europe lancent régulièrement une modification de leur PLU intercommunal, peut-être à l'occasion de leurs prochaines études devraient-ils sérieusement se pencher sur la solution qui devrait servir au raccordement nord de notre territoire vers l'agglomération meldoise, et cette infrastructure devrait modeler le "fond de carte de croissance de l'urbanisation". Car ni par la traversée d'Esbly, ni par celle de Chalifert-Jablines on ne relie facilement  ces deux pôles. Durée, pollution, sécurité obligent à la réflexion.

Que l'on ne nous oppose pas, l'écologie, le développement durable avec des transports en commun propres, mêmes électriques les voitures useront du pneu, seront les seules à desservir tous les lotissements disséminés sur tant de kilomètres carrés. On voit l'étude d'un "TCSP" (*) entre Esbly et les gares de Chessy ou Val d'Europe, quand elle sera opérationnelle (si elle peut exister un jour) tous les habitants auront eu à se déplacer. Et changer 3 ou 4 fois de mode de transport est invraisemblable et donc ne fonctionnera pas, sauf sous une contrainte infernale.

S'il faut dix ans pour mettre en place une solution lourde, les solutions "légères" n'auront-elles pas occupé la place. Un peu comme la trottinette en libre service détrône t-elle le Velib à Paris, la voiture partagée Blablacar ou sans chauffeur comme Uber met à mal le Taxi traditionnel.

Si donc l'avenir se dessine autour de la voiture électrique partagée, louée le temps d'un parcours, ne doit-on remplacer les transports de proximité (le dernier kilomètre) avec des petits véhicules autonomes à la demande et à point à point?

* GCO Strasbourg: Grand Contournement Ouest.

* TCSP Transport en Commun en Site Propre

Ajout 26/12  On ajoute le contournement de Beynac en Dordogne.

Lien permanent Catégories : Politique Locale 1 commentaire

Commentaires

  • Le pont de Nogent "plus gros bouchon d'Europe" enfin modifié. inauguration dernière bretelle le 26 mars
    http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/val-de-marne-finis-les-bouchons-sur-le-pont-de-nogent-26-03-2019-8040243.php

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