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confiance

  • Les yeux dans les yeux.

    Dans ma jeunesse on me reprenait quand en jouant j'ajoutais à mon propos "je le jure".

    Tendre la main et cracher par terre, jurer sur la tête de ses parents, de ses enfants et même sur la Bible, le menteur a tout essayé pour convaincre. Regarder en face son adversaire, assurer "en bloc et en détail" que l'on dit la vérité, mieux "les yeux dans les yeux" de ses amis, des interwievers relais de l'ensemble de la population.

    Nous avons surement déjà perçu ce sentiment d'être trompé sans vouloir le croire. Quand c'est un jeu, quand on s'est fait battre aux petits chevaux ou au jeu de dames, l'importance n'est pas grande. Mais quand il s'agit pour un politique de garantir son honneteté face aux électeurs et aux confrères élus qui lui ont confié un rôle dans la gestion publique, il en est d'un autre niveau de gravité.

    Dans l'affaire en cours du ministre du budget de Hollande, il y a un degré supplémentaire considérable: représenter dans un gouvernement issu d'élections dans lesquelles la critique des précécesseurs était l'argument majeur, qui affirmaient l'arrivée de gens aux mains propres et dont le seul objectif était la justice, l'un d'entre eux pouvait affirmer "les yeux dans les yeux" ne pas être un tricheur fiscal, et plus encore accepter le poste du premier répresseur de France dans ce domaine, quelle audace!  

    Trois extrèmes sensibles sont concernés: la justice devant l'impôt, l'appât du gain, le mensonge.

    Mais quand la gauche, et finalement une grande part de la population française ont pu oublier les mensonges de l'Elysée sous Mitterrand, et que l'on est attiré par le faste, les fêtes, la douceur de vivre quand on est riche et la fierté quand on est dominant et écouté, peut-on rester sensible à des principes seulement dictés par la morale politique (de gauche!) alors que l'on prèche la liberté totale, la négation d'une morale religieuse, l'épanouissement individuel, la satisfaction de toutes nos envies et pulsions?

    Je me souviens bien des propos de Mitterrand en 1965 contre de Gaulle: la  menace du pouvoir personnel, un homme trop vieux pour gouverner, puis l'essai de prise de pouvoir en 1968, puis l'engagement une fois élu de publier ses bulletins de santé, où il a menti six mois plus tard à la France "les yeux dans les yeux", la trahison avec sa fille cachée, les médias sympatisants silencieux, les suicides des amis trahis...

    Nous avons connu avec l'affaire DSK le risque de ce qui nous menacait de "fermer les yeux" ou se "boucher les oreilles" quand le pouvoir faisait perdre la raison à un homme qui par son sourire forcé, sa démarche faussement dégagée, ses propos structurés, montrait sa maitrise et son intelligence, mais laissait percevoir son ambition.

    Le même homme, secrétaire du mouvement n'intervenait pas sur les plaintes de Tristane Banon, n'entendait pas les "rumeurs" des militantes, ne constatait pas le luxe des réunions de sections des Bouches du Rhône ou du Pas de Calais. Comme Président quand des soupçons étaient adressés par la presse, pourquoi ne pas avoir diligenté une enquète interne, il y a bien encore des services de police, des services secrets? n'avaient ils vent de rien? N'y a t'il plus d'écoutes, ou tout celà  est il dirigé uniquement vers les adversaires? Peut on nous faire croire que les relations de tant de ministres avec les gens de presse ou des hommes d'affaire, ou de publicité, ne sont pas des moyens détournés de prises illégales d'intérêt ou tout le moins de conflit d'interêts? Il est plus confortable de "faire confiance",  ne pas se parasiter l'esprit avec la faiblesse humaine alors que de ce point de vue les "engagements" ne sont pas très perceptibles, les sourires forcés, l'apparence physique, les discours lénifiants en démontrent la parfaite connaissance. 

    Dans nos considérations avec les élus locaux, les enjeux ne sont pas en rapport avec ceux d'un Chirurgien Député Ministre, mais elles n'en sont pas moins d'importance. Le rôle d'un simple conseiller municipal peut déplacer une limite de constructibilité qui enrichira ou non un ancien propriétaire, une information glanée permettra à une agence immobilière de réaliser des opérations ignorées des concurrentes, à une petite entreprise de réaliser de façon répétitive des entretiens qu'un adjoint complaisant ne mettra pas en cause.

    Dans ces cas les "chartes de déontologie", les engagements moraux de confiance conclus "les yeux dans les yeux" avec le sceau des années d'amitié, voire les "coups de gueule" ou les menaces de plainte en diffamation, ne valent pas les petites enquètes vites réalisées, pourvu que l'on soit un tantinet prudent, et conscient que finalement nous ne sommes que des hommes, ne pas être "naïf" c'est ce qui sera pour le moins repproché tant au président de la France qu'au maire d'un petit village.