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Dix maires ou une Agglomération? Val d'Europe existe-t-il ?

Chapeau

Dans son numéro du 25 février 2026 (La Marne, n°4184), la journaliste Julia Gualtieri consacre une double-page au Val d’Europe. Sur la page de gauche, un reportage précis revient sur l’effondrement du tunnel du canal de Chalifert, point de passage du ru de Coupvray depuis son détournement par le bassin de l’écluse, et sur les conséquences lourdes de cet incident, notamment l’impossibilité dans l’immédiat de poursuivre le projet du futur quartier du Port.

Sur la page de droite, la journaliste publie deux longs entretiens occupant six colonnes chacun, consacrés aux candidatures municipales de Philippe Descrouet à Serris et de Thierry Cerri à Coupvray, qui sont aussi respectivement président et premier vice-président de Val d’Europe Agglomération.

Cette juxtaposition de sujets met en lumière un contraste frappant entre les enjeux territoriaux du Val d’Europe et la manière dont ils sont abordés dans ces interviews politiques.

Municipales 2026 : le silence révélateur sur Val d’Europe Agglomération

La page publiée par La Marne présentant les candidatures de Philippe Descrouet à Serris et de Thierry Cerri à Coupvray mérite une lecture attentive. À première vue, il s’agit de deux interviews classiques de maires sortants annonçant leur candidature et présentant leur bilan local. Pourtant, un élément essentiel manque presque entièrement dans ces deux portraits : le rôle central de l’intercommunalité Val d’Europe Agglomération (VEA).

Or ce silence n’est pas anodin.

Les deux hommes qui parlent dirigent en réalité l’intercommunalité

Philippe Descrouet n’est pas seulement maire de Serris. Il est président de Val d’Europe Agglomération.
Thierry Cerri n’est pas seulement maire de Coupvray. Il est premier vice-président de cette même intercommunalité.

Autrement dit, les deux élus qui s’expriment dans ces interviews constituent le cœur de l’exécutif intercommunal du Val d’Europe.

Pourtant, dans leurs déclarations, ils parlent presque exclusivement de leur commune : qualité de vie, équipements, projets municipaux, commerces ou services. Le lecteur qui ne connaît pas le fonctionnement du territoire pourrait croire que l’essentiel des décisions se prend à l’échelle de chaque mairie.

C’est une présentation trompeuse de la réalité institutionnelle.

L’essentiel des décisions se prend aujourd’hui à l’échelle de VEA

Depuis plusieurs années, une grande partie des politiques publiques structurantes est décidée par l’intercommunalité :

  • l’urbanisme et la planification territoriale (PLUi)

  • les grands aménagements et les ZAC

  • les infrastructures structurantes

  • les grands équipements

  • une partie importante du développement économique

  • les équilibres entre communes

Dans un territoire comme le Val d’Europe, marqué par l’Opération d’Intérêt National et par une urbanisation coordonnée, le niveau intercommunal est devenu déterminant.

Les maires continuent d’incarner la proximité, mais la stratégie du territoire se décide largement ailleurs : à VEA.

Un débat politique évité

Dans ce contexte, l’absence presque totale de référence à l’intercommunalité dans ces interviews pose question. Car parler réellement de VEA obligerait à aborder des sujets plus sensibles :

  • le rythme et la nature de l’urbanisation

  • l’équilibre entre développement et préservation des espaces naturels

  • la gouvernance du territoire

  • la répartition des équipements entre communes

  • les choix d’aménagement à long terme

Ce sont précisément les enjeux politiques majeurs du Val d’Europe.

Les passer sous silence revient à réduire l’élection municipale à une gestion locale de proximité, alors que les décisions structurantes se prennent dans une autre enceinte politique.

Une information incomplète pour les électeurs

Le problème n’est pas que des maires défendent leur bilan communal. C’est normal dans une campagne municipale. Mais lorsque les deux principaux dirigeants de l’intercommunalité s’expriment publiquement sans presque jamais évoquer ce rôle déterminant, les électeurs ne disposent pas d’une information complète sur les responsabilités réellement exercées.

Le débat démocratique devrait porter aussi sur :

  • la politique intercommunale menée depuis plusieurs années

  • les orientations prises pour l’avenir du Val d’Europe

  • la manière dont les communes participent ou non aux décisions.

Sans cela, les habitants votent pour des équipes municipales sans que soit réellement discutée la politique territoriale qui structure leur cadre de vie.

Le vrai niveau du débat démocratique

Le Val d’Europe n’est plus un simple assemblage de communes. C’est désormais un territoire fortement intégré, où l’intercommunalité joue un rôle stratégique.

La question démocratique est donc simple :
les électeurs doivent pouvoir débattre des choix faits à ce niveau.

Lorsque les principaux responsables de cette intercommunalité se présentent uniquement comme maires, en laissant dans l’ombre l’essentiel de leurs responsabilités territoriales, cela entretient une confusion sur le lieu réel des décisions.

Et une démocratie locale ne gagne jamais à ce que le véritable niveau du pouvoir reste hors du débat public.

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