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Glané le long des lignes pendant ces jours de grève.

Bientôt le soleil, bientôt les jours chômés de mai, mais avant les congés scolaires de printemps la grève n'est pas celle à laquelle on souhaiterait penser, ce qui nous occupe le plus c'est "comment se déplacer?"

Donc la lecture des prévisions dans divers médias, une certaine information permettant seule d'imaginer des solutions entre ce qui nous touche pour aller travailler, ce qui nous touche alors qu'il faut réserver ou modifier des réservations de longue date liées aux séjours retenus depuis longtemps. Car même si le déplacement en train n'était pas au programme, les conséquences sur les réservations de cars ou même les délais de route dûs aux embouteillages, les décalages ou suppressions d'avions, même les annulations ou retards de métro à cause du report de passagers, doivent nous pousser à modifier nos dates et nos trajets.

 

Cette "réforme de la SNCF" lancée par le gouvernement avant même de concerner les cheminots, se veut surtout un symbole d'autoritarisme prédisposant à toute autre réforme. La faiblesse apparente de la profondeur de la réforme: la justification calendaire, simple respect de l'engagement, rejeté sur d'autres, pris envers une consigne européenne, une suppression du statut mais qui ne concerne pas les gens en place, n'avait pas pour but des économies immédiates mais l'acceptation par certains syndicats d'un écroulement de bastion anti-réformes.

C'est donc à juste titre que l'opposition "anti Macron" se cristallise, que le parti communiste, la CGT, la France Insoumise et jusqu'aux étudiants font bloc, ceux de l'UNEF à Montpellier l'expriment en AG:la fin du mouvement se fera par la démission de Macron.

Ce ne sont donc plus les salariés du rail, ni ceux de la fonction publique qui ont à réagir, mais tous les usagers de ces services, en quelque sorte tous les Français. Car derrière un éventuel échec de cette stratégie du président Macron donnée comme consigne à son gouvernement, c'est la remise en cause des capacités de restructuration de notre pays, sa place dans l'Europe, sa situation dans les échanges internationaux qui est visée.

Faut-il encore détailler la réforme du transport ferroviaire, discuter des enjeux concurrentiels, économiques, évaluer les mesures prônées et calculer leurs retombées en matière de prix futurs, de confort et qualité du service? Puisque la lutte est d'une autre nature. Pourtant beaucoup de choses sont diffusées sur les radios, les télés, écrites dans différents journaux. J'ai tenté de rassembler quelques notions ici.

 

Dans un article l'auteur citait sa thèse de sociologie sur le rôle du chemin de fer. C'est un excellent travail qui permet de résumer d'où on vient dans l'histoire de la création du réseau français au 19eme siècle, de la réunion en une seule société des entreprises privées concurrentes ruinées par les mesures du front populaire de 1936, la nationalisation à la sortie de la guerre en 1945, puis l'évolution jusqu'à la situation actuelle, théoriquement décrite dans le rapport Spinetta.

Des questions de chiffres sont débattues, depuis des articles mis en exergue sur Twitter ou Facebook:

  • Une dette de 54,5Mds€ qui coûte 1,7 Mds€ d'intérêt annuels (chiffres CGT), face à un déficit budgétaire qui accroît de 66Mds€ la dette nationale de 2218Mds€ (le intérêts 2018 sont de 41,2Mds€).
  • Une dépense d'infrastructures du rail de 13Mds€ qui n'est rien pour 4,5 millions d'usagers quotidiens, par rapport à la dépense de la route (8 Mds€ en 2016). (La Tribune 3 avril)
    (A ce propos il est ridicule de comparer l'usage du rail et de la route, puisque nous utilisons tous "la route" que l'on soit conducteur mais aussi cycliste, piéton et même pour rejoindre la gare. De plus compte tenu des charges sur les voitures, ce sont probablement les plus gros contributeurs aux budgets et plus que les transports -- 67 Mds€ de taxes en 2017 -le Point 3 avril). 
  • chiffre d'affaires - 33,5 milliards en 2017
  • « L’inflation ferroviaire » correspond à l’évolution spécifique des coûts du système ferroviaire. La part des coûts salariaux y est importante, et sa dérive s’explique en partie par les évolutions salariales automatiques prévues par le statut cheminot. Rapport Spinetta note p23

  • Les pourcentages d'usagers de divers modes pendant la grève: le rail (TGV, TER, SNCF, RATP), les avions, les bus, la voiture (personnelle, en location, en partage, taxis ...), des modes "doux" deux roues, piétons.

  L'absence de transports révèle aussi que dans beaucoup de cas on peut s'en passer: le télétravail, les visites "virtuelles" sont dans les possibilités futures, par contre cela fera un coup dur pour le tourisme et la visibilité des capacités française à l'accueil.

  • Elle a même précisé jeudi sur Europe 1 que la SNCF « restera une entreprise publique ».
  • la fin, à partir de 2020, des recrutements au statut de cheminot
  • L'ouverture à la concurrence aura lieu suivant un calendrier progressif : les régions hors Ile-de-France à partir de 2019, les TGV en 2020, les lignes franciliennes déjà existantes en 2023 et les RER à partir de 2033
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 14 universités principalement littéraires (sociologie, psychologie) "occupées" ou "bloquées", blocage contre la loi "Vidal" à Bordeaux prononcé le 30 mars par "l'AG" menée par quelques dizaines d'étudiants rapporté dans Sud-Ouest, Montpellier la fac Paul-Valery où 200 étudiants bloquent l'accès depuis deux mois. A Bordeaux il est cité 350 places en psycho pour 6700 demandes ... et affiché la pancarte: "Macron casse-toi, on t'a pas sélectionné". "Jusqu'ici, en AG, la majorité a voté à main levée pour le blocage. Pourtant, une consultation numérique organisée par les enseignants et l'encadrement a livré un tout autre résultat. 1 587 étudiants, soit un tiers des inscrits, ont répondu : 74 % ont voté pour la reprise des cours."

Comment sont organisées ces AG, quelle représentation réelle? Quel contrôle des présents, de l'égalité des débats? Comment peut-on encore accepter une université où seuls 69% des étudiants passent le cap de la première année?  Les cerveaux français sont-ils si détraqués qu'il faille tant de psychologues?

Près de 888.000 candidats se sont inscrits sur la nouvelle plateforme Parcoursup et ont formulé quelque sept millions de vœux pour entamer des études après le bac. (Le télégramme - Bretagne 31 mars)

Quelques jours, quelques semaines ... quelques mois?

C'est aussi l'occasion de visite de sites de dépannage, comme le transport à la demande (mais qui n'apporte pas d'horaires bien pratique-- j'y reviendrai), ou de location de voiture entre particuliers et de covoiturage -- plus faciles en entreprises.

Combien de temps pourrons-nous assister à cette bataille, quelles en seront les conséquences? Resterons-nous encore longtemps un territoire attitrant? Pour qui et pour quoi faire?

 (Les liens sur les "notions" extraites ne sont pas marqués, la plupart des notes sont prises dans des journaux "payants" ou sur Twitter il seront alors rajoutés dans la mesure du possible.)

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