UA-41151802-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Payer pour voir.

La fermeture du canal TF1 dans les contrats Canal+ est un évènement qui ne devrait concerner que les clients du contrat Canal ou les professionnels des télévisions. Mais ce n'est qu'un révélateur des grandes batailles de la nouvelle économie de l'audiovisuel et plus généralement du numérique. L'enjeu est pour notre vie quotidienne et notre pouvoir d'achat, notre liberté dans le choix de nos loisirs, mais aussi de notre information.

Dans La Croix de ce jour, l'article de Guillaume Goubert précise: "Le signal a été coupé par Canal+ en fin de semaine dernière pour marquer son refus de verser une rémunération à TF1 pour la fourniture de ses programmes. La crise pourrait s'étendre dans les jours qui viennent, Orange et Free refusant également les demandes de TF1." 
 
Les chaines "gratuites" vivent principalement de la publicité (ou de la redevance) elles sont gratuites sur le réseau hertzien, reçues sur les antennes râteau ou les services antennes des câblo-opérateurs (comme Numéricâble fusionné avec SFR).  La relation avec la chaîne sur abonnement vient de la fonction du décodage et stockage disposé dans "la box", elle devient nécessaire pour le décodage numérique qu'il passe par le câble, la parabole ou simplement le numérique hertzien qu'il soit standard ou GSM pour la téléphonie mobile 4G ...
 
Ces box sont toutes liées à des abonnements, il n'y a donc plus de réception gratuite de chaînes quelconques, nous sommes tous devenus boxidépendants ou FAI dépendants, l'autorité de gestion de l'audiovisuel ne devrait il pas inclure cette base de dépendance dans la redevance?
La poule et l'œuf? 
Quels sont les besoins couverts par la box?
La conversion du signal pour la téléphonie fixe, le support de l'accès internet et tout ce qu'il comprend: échange de mails, visualisation de sites, messagerie vidéo instantanée et aussi consultation de "chaînes vidéo" radio ou musicales. Et en abonnement avec fonctions incluses ou en complément l'accès télévisuel surtout sur les bons débits associés à la fibre.
Les chaînes télévisuelles ont donc besoin des opérateurs de télécommunications pour atteindre leurs spectateurs. Ces audiences (mesurées et remontées par les opérateurs) servent aux diffuseurs de publicités à répartir leurs participations financières.
 
Mais à part la téléphonie, c'est bien la "richesse du programme qui incite à rester connecté", l'expertise du minitel rose qui dort encore chez un opérateur comme Free en est la preuve. Facturé à la dimension du signal (avec la fibre et la box) ou à la durée comme les contrats 3G-4G, le péage d'accès profite de la dépendance de l'usager aux programmes diffusés.
 
La consultation des sites internet est aussi assujetti à des revenus publicitaires ou à des abonnements spécifiques (journaux, sites d'information juridiques ou culturelles ...) dans tous les cas c'est la durée qui importe pour les opérateurs. Le "conteneur" et le "contenu" sont interdépendants ... jusqu'au jour où l'un fusionnera avec l'autre, on retrouve ici le même phénomène avec le mobile et la banque, la banque et l'assureur,  ...
 
Que trouverait-on dans Google s'il n'y avait Wikipédia et autres producteurs gratuits?
Que trouverait-on sur Amazon s'il n'y avait des éditeurs de livres?
Et même que trouverait-on chez Carrefour s'il n'y avait des fabricants de produits.
 
Le diffuseur à besoin de produits, jusqu'au jour où il se met à produire à sa marque, et c'est sûrement l'ultime stade où le client (nous l'usager, le spectateur, le consommateur) risque de perdre sont libre arbitre face au monopole.
 
Redevance, abonnement ou publicité. L'auteur termine son article par cette remarque sur cette bataille: "Elle a le mérite de rappeler que les contenus ayant un coût, ils ne sont en réalité jamais gratuits."
 
Ajout du 9 mars 2018 matin.
Première réaction du régulateur: la diffusion ne peut être coupée par Canal-SAT sans être en infraction à ses engagements contractuels. Donc TF1 est de nouveau diffusée dès mercredi 7 mars. Et l'annonce d'un accord entre Orange et TF1, lu en pleine émission de France 5 jeudi 8 à 19h, surprenant que les journalistes présents dont Patrick Cohen, n'évoquent pas la position de France Télévision, qui se trouve dans la même position que TF1, même si plus assis sur la redevance que la publicité. Toutefois les efforts de "privatisation" de sa diffusion en rompant les accords avec les fournisseurs de "smart-téléviseurs" pour se tourner vers des contrats plus rémunérateurs de Vidéo à la Demande, ne sont pas éloignés d'un péage déjà pour la rediffusion.  

Commentaires

  • La VOD, soit directe on s'abonne à un service, soit indirect si on achète un contrat d'accès comportant une "box" pour le "replay" ou le stockage. Mais dans tous les cas la pub est aussi une façon de faire payer.

Les commentaires sont fermés.