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V° République version 0.0

Les premières actions du président Macron épatent téléspectateurs, spectateurs et commentateurs.

Les images agrémentées de commentaires nous disent que nous revenons au premier jour de la Constitution proposée aux Français en 1958 par le Général De Gaulle, le macronisme ne serait qu'une résurgence du gaullisme.

 

Si près de tomber dans les bras des sirènes qui ne cessaient de nous annoncer la nécessité de passer à la sixième République, nous revoilà plongés dans les douceurs d'une gouvernance autoritaire et déterminée, au point de s'aventurer à donner au président, dimanche prochain, une majorité  à nulle autre pareille.

En 1958, il fallait le pouvoir, la force pour terminer la guerre en Algérie, l'unité d'une majorité pour contraindre les partis à accepter la remise en ordre des finances. L'adoption d'un vote à la majorité en 2 tours pour l'élection des 487 députés de l'Assemblée de l'époque permit cette maîtrise, associé au référendum, au droit de dissolution, au passage de loi d'autorité par ordonnances ou 49.3.

En 1962 le référendum proposait l'élection direct du président au suffrage universel pour un mandat habituel de sept ans. J'ai encore le souvenir (on peut facilement trouver les articles et les livres) des annonces de menace de pouvoir absolu, de coup d'état et de gouvernance par un vieillard! de la part de Mitterrand ou Mendès France, qui en 1968 revendiquaient à l'Odéon en pleine révolution maoïste un pouvoir pour eux à l'abandon. De Gaulle ne fit qu'un mandat, il proposa en 1969 un référendum pour changer une seconde fois la Constitution pour donner moins de pouvoir à un Sénat qu'il trouvait trop rétrograde et partisan, le désaveu lui fit passer la main à l'âge de 79 ans.

Après un premier mandat en 1981, un président âgé, malade qui avait gouverné contre son assemblée et avec un gouvernement d'opposition, se représentait en 1988, en ayant le premier agit en contradiction de tous ses engagements profitant du pouvoir qu'il détenait par cette constitution tant décriée, en l'ayant modifiée en 1985  pour passer à 577 députés et réintroduire la proportionnelle qui divisait la droite et donnait le signe de l'existence du FN. Le décalage du vote de renouvellement de la présidence, tous les sept ans et des députés tous les cinq ans, permettait à la fois  la durée suffisante pour un projet mais la correction-sanction en cas de variation dans les objectifs.

L'inversion du calendrier électoral par le premier ministre Lionel Jospin, présidentielles en premier suivies d'une élection législative tentait d'éviter la cohabitation en cas de refus de démission d'un président désavoué.  Pour faire bonne mesure en septembre 2000 par référendum, Jacques Chirac alignait la durée du mandat du président sur celui de l'Assemblée soit le quinquennat.

Le summum de la déviation constitutionnelle fut pour 2012, le fruit de l'imagination du parti socialiste pris dans ses luttes de courants et de personnalités, de désigner son candidat par une sélection dans les primaires "ouvertes" en deux tours. La publicité fut telle, les combats internes aidant, que le système fut retenu par les partis de droite pour celles de 2017.    

 L'échec de la présidentielle s'en suivit, devant des oppositions internes mises en évidence sur tous les plateaux TV, dans tous les éditoriaux, à travers tous les messages sur les réseaux sociaux. L'exagération de propositions les plus mal partagées, les plus outrancières afin de montrer sa différence, qu'il était devenu impossible de réunir ni à gauche ni à droite des équipes autour d'un programme reconnu et être en capacité de le défendre.

Ecartelés entre des extrêmes comme France Insoumise ou Front National, les électeurs de droite déconcertés par des positions indéfendables du coté morale ou religieux, faisaient le choix de la résignation dans le vote de sagesse ou dans l'abstention.

Peut-on en conclure que les propositions du candidat E.M. ont été approuvées? On est bien loin d'un plébiscite, bien loin d'un référendum qui permettrait un ultime changement de Constitution, mais la majorité représentée par quelque 20% des voix dans une élection à près de 52% d'abstention, devrait même permettre d'obtenir les 3/5èmes  des votes du Congrès.

Cela sera-t-il utilisé pour une ultime modification en réintroduisant une proportionnelle réclamée par un vieux politicien au rancart, ou réduire le nombre de représentants et recharcuter la carte des circonscriptions avec tous les soupçons de manipulations que cela entraînera, alors que le retour au prestige et l'exemplarité gaullienne, ou bonapartiste sinon jupitérienne devrait plutôt inciter à la temporisation et la modestie.

 (Quelques dates, quelques références en liens seront ajoutées, après vérifications.)

 

Commentaires

  • Témoignage consternant du candidat EM Pierre Person dans le reportage C dans l'air vendredi sur le coaching des nouveaux élus: " .. je ne sais pas si le national nous laissera communiquer la dessus ..." en fait un chausse-pied pour godillots.

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