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1789

Un nombre qui sonne pour les Français.

Une date celle de la Révolution mais aussi le nombre remarquable des signatures recueillies par le Conseil Constitutionnel au nom du candidat François Fillon.

 Le président du SAN, lui a parrainé Macron.

Je ne pouvais, avec ce retour incident sur notre histoire ne pas relever cette description de l'Assemblée piochée dans un livre en cours de lecture;

 

Dans une analyse sur le rôle des banques dans la politique, un des premiers historiens de la fonction financière, Jean Bouvier a étudié le cas du scandale du Canal de Panama. Paru dans la collection "archives" chez Julliard en 1964 le livre est basé sur l'approche des relations des faits par quelques auteurs à la fin des affaires Stavisky et des médailles de Wilson, après le suicide du général Boulanger, à la veille de l'affaire Dreyfus et leur confrontation aux correspondances et livres de comptes des banques stockés aux archives nationales.

 

Une commission d'enquête est réclamée à la chambre des députés. La transcription des débats du 21 novembre 1892 où une centaine de députés sont soupçonnés est savoureuse. La chronologie est basée sur le script du journal officiel et l'ambiance sur le texte de sa relation dans un livre de Maurice Barrès, écrivain-député, spirituel observateur.

Je tire l'extrait ci-dessous:

"Cinq cent quatre-vingts personnes venues de tous les points du pays composent la Chambre des Députés. Stendhal se vantait d'avoir pu observer, durant la retraite de Russie et dans la Grande Armée cosmopolite, une riche variété de tempéraments. Au Palais Bourbon, le psychologue trouve une collection complète d'individus propres à lui rendre intelligible, région par région, la nationalité française. Ces médecins, ces avocats, ces industriels ne sont ni rares, ni exceptionnels, mais précisément par cette médiocrité qui leur permit de ne point offusquer l'électeur, ils nous donnent la moyenne de leur arrondissement.

Dans cette bigarrure, une seule chose d'abord est commune à tous: la combativité. Quelles ruses, et quelle ténacité ne fallut-il pas au plus humble de ces élus contre ses adversaires pour les vaincre, et contre ses amis, pour les évincer! Le siège conquis doit être gardé! Le député demeure toujours candidat. Jusque dans Paris il bouillonne des haines, des intérêts, de toutes les passions de son arrondissement. Toutefois, ces députés, ces petites bêtes de proie, aussi différentes entre elles que les cinq cent quatre-vingts parcelles de terre où elles furent nourries, adoptent rapidement des mœurs et une âme corporatives. Sous la discipline du Palais-Bourbon et par la force des choses, ils s'approchent d'un certain type parlementaire prudent et peureux, rusé, ennemi de tout héroïsme, appliqué seulement à prendre ses avantages.

 

(Barrès "Leurs Figures" 1902) dans "Les deux scandales de Panama" Jean Bouvier 1964 P.157

 

Aux archives de la chambre, intervention de Maurice  Rouvier député, ancien président du Conseil, le 20 décembre 1892:

"... Mais je ne puis oublier que ce n'est pas seulement le député, l'homme politique ... qu'on va jeter en pâture à toute la malignité, au-dedans et au-dehors. Je ne puis pas oublier que j'ai eu le redoutable honneur ... d'être le chef du gouvernement ... Comment! On à l'air de découvrir, à la fin de notre XIX° siècle, que pour gouverner, il faut de l'argent, et quand les Chambres n'en donnent pas suffisamment, on est bien heureux d'en trouver par ses relations personnelles! ... Croyez-vous que l'on ait corrompu qui que ce soit? Non! Je parle d'opérations de publicité que j'ai eues à faire et qui ont nécessité l'aide, le concours d'amis personnels. Je leur ai emprunté; je leur ai rendu une partie de ce qu'ils m'avaient prêté. ...

Ce que j'ai fait, tous les hommes politiques dignes de ce nom l'ont fait avant moi. Oui, dans tous les pays, dans tous les temps, tous les hommes politiques ont fait avec le concours d'amis, qui, assurément, ne rendaient pas un service inavouable, les opérations qui sont nécessaires quand on traverse des temps difficiles.  ..."

Extrait p173,174 idem Jean Bouvier)

Ecarté du pouvoir après cette affaire, comme Clémenceau, il fut de nouveau chef du gouvernement de janvier 1905 à février 1906, c'est sous son gouvernement que fut promulguée la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

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