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Vu à la télé

Ce jour là, malgré toutes nos occupations, les voyages, les sorties, il y a des moments où on a le sentiment d'assister à une émission qui nous marque à jamais.

 

Ce fut mon cas le 20 juillet 1969, revenant de Baden-Baden où nous défilions pour le départ de Massu, je passai la soirée avec mes parents devant le petit écran noir et blanc, et comme tous les téléspectateurs de ce soir avons découvert la marche des premiers hommes déposés sur la lune.

C'est une impression énorme, l'émotion, les paroles historiques qui ont accompagné "un grand pas pour l'humanité..."

Depuis l'expression "vu à la télé" dans les supermarchés  s'applique plutôt aux accroches publicitaires, toutes trop alléchantes pour rester honnêtes, puisque généralement les présentations de produits sont "sponsorisées" dans des campagnes rémunérées pour les chaînes.

Les interventions d'état sur les écrans d'une télévision qu'il est indécent de qualifier "aux ordres" sont devenues rares et très encadrées. Les annonces de décès (celui de Pompidou), de catastrophes (la tempête de décembre 1999, le tsunami au japon en mars 2011), les attentats du 11 septembre 2001, de Charlie hebdo le 7 janvier 2015 , du Bataclan le 13 novembre 2015, de Nice le 14 juillet de cette année, les alertes enlèvements, justifient encore l'irruption dans un journal d'une information prioritaire.

L'annonce d'une adresse du chef de l'Etat au 20h du 1er décembre, publiée une heure avant sur les radios, pouvaient nous interpeller. Qu'elle était la nouvelle si importante qui mobiliserait notre attention, qui devait devenir pour tous les téléspectateurs l'unique préoccupation? Dans l'actualité internationale ambiante, on imagine: une attaque imminente de terroristes de retour de Syrie sur Paris? La chute de l'EI à Alep devant Assad et les russes ou à Mossoul devant les Kurdes aidés par les frappes françaises?

Non, le président voulait nous mettre simplement au courant qu'il avait trouvé un tour politique pour régler les conflits dans le parti qui l'avait porté au pouvoir. Il avait jugé que les Français devaient être témoins de la galère de sa situation. Dans ces jours de grands froids, pendant 10 minutes captivantes les dîneurs ont failli laisser figer leur potage. Il faut dire que les huit premières minutes étaient un suspens digne d'Hitchcock, un défilé de bonnes décisions prises à titre personnel justifiaient presque l'annonce d'une candidature à un nouveau mandat, l'amnésie fut large sur le scooter, les confidences aux journalistes, mêmes les indiscrétions dont CIA et NSA les rapportant au président Obama l'ont peut être décidé à ne pas agir avec les Français contre le franchissement de la fameuse ligne rouge par  le dictateur Libyen.

La chute des deux dernières minutes fut la surprise: la menace de conflit avec le premier ministre, l'évidence d'une déculottée humiliante dans la primaire, la décomposition du parti écartelé,  l'obligeaient à ne pas renouveler sa candidature.

 

Ajout à la lecture de la presse samedi 3 décembre.

Renoncement ou constatation de l'empêchement, abdication à la candidature, nullement dans l'intérêt du pays, peut-être pour sauver son parti, c'est l'énigme de cette intervention au 20h de la TV. On attendra les "nouvelles confidences" qu'un ancien président donnera à des amis journalistes, qu'il rejoindra dans "On n'est pas couchés" pour la promotion lors de la sortie de son Livre de "Mémoires".

 

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