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Polars

Ce ne sont pas mes lectures préférées. Les bandes dessinées encore moins. Les bons vieux gros bouquins avec des pensées glissées dans de belles phrases, agréables à prononcer à voix haute, relire une phrase ou un chapitre, voire le livre entier parce que l'intrigue n'a que peu d'importance puisque ce qui importe c'est la conduite de la logique, la beauté des formules, la cadence de l'action, la musique des mots.

Le polar je le feuillette en bibliothèque si son nom m'a été suggéré, je passe directement au dernier chapitre et je lis la clé, cela vaut il la peine d'en lire davantage? La bande dessinée, je tourne rapidement les pages, consulte quelques dessins des personnages, sont ils clairs, sont ils artistiques, les bulles sont elles d'un dialogue compréhensible? Y a t-il un humour subtile? Ce n'est rarement le cas, et quant à voir des images autant regarder un documentaire à la télévision.  

Les polars, c'est finalement bien à la télévision, sous forme de séries dorénavant, qu'on en retrouve le plus. Ce n'est pas nouveau, mais les anciens étaient souvent, comme les films de cinéma, les mises en image de romans à succès, les Arsène Lupin, Agatha Christie, et autres Sherlock-Holmes, ... Les auteurs nouveaux compte tenu de la si forte demande mondiale, passent directement par le scénario de série télé, mêlent des techniques spécifiques à la dramatisation télévisuelle, les saccades, les gros plans, les répétitions sonores, la mise en scène prenant une part prépondérante dans l'intrigue, Hitchcock ne s'y retrouverait même pas. Le maire du 13éme au sujet de l'émission "Enquête Exclusive" le décrit:  « D’avance, on sait que quand une émission comme ça vient tourner sur notre territoire, cela va forcément renvoyer une image négative. En fait, cela montre juste que la police fait son travail, mais tout est fait pour verser dans le sensationnalisme, dans la façon dont c’est filmé, monté, avec une musique inquiétante, pour garder les spectateurs. »

L'évolution transpose à la série ce que la musique connaît de mutation passant du menuet et de la valse au rock puis au rap ou à la techno. Mais le genre reste sous-jacent, la sensibilité, le goût du pays d'origine encore reconnaissables dans les versions mondialisées. Et si nous regardons quelques séries "françaises" c'est plus par habitude horaire que par choix des acteurs ou préférence qualitative.

Ce long préambule pour dire que finalement le sujet du "polar", son genre dans ce genre de roman, sont finalement secondaires, et c'est l'étonnement de la solution, l'issue improbable qui sont les surprises que le spectateur comme le lecteur attendent d'une histoire de polar. Finalement un documentaire bien monté sur une histoire vraie, et les séries de présentations d'affaires judiciaires qui ont leur auditeurs, le  démontrent parfaitement. Enfin il ne reste qu'à observer l'actualité pour confirmer que le suspense est au cœur  de l'attention des hommes.

Un polar c'est forcément un conte autour de la police, de l'autorité, une enquête puis un jugement. Le déroulement de la recherche des coupables, si encore les victimes sont identifiées, met le spectateur en haleine. C'est ce que de nos jours numérisés on qualifie de "logiciel", puisqu'il semble même que nos cerveaux seraient des automates programmables. Dans la vraie vie, la quête est la même et on cherche à enregistrer des traces, tout ce qu'il est possible comme traces afin de permettre aux futures enquêteurs de fouiller dans la masse d'indices afin d'en dénicher les preuves, les scénarios trop simples ayant tous été étalés devant tous les yeux capteurs pour alimenter des esprits pas assez imaginatifs. A la suite des attentats de janvier, puisque le terrorisme s'est invité comme leader dans le genre polar, il convenait d'accroitre les moyens de surveillance. Dans l'idée non seulement de dénouer les attentats après coup, mais généreusement de prévenir les agressions, les technologies sont largement mises à contributions, après les caméras réduites aux espaces privés, les caméras de circulation dans les espaces publics, les fadettes des téléphones portables, les traçages des GPS, on avait prévu les écoutes des personnes mises en cause, il fallait enregistrer les messages transmis sur internet.

Cette traque de tout ce qui peut servir à détecter un comportement anormal, est devenu le même objectif que celui des multinationales du buisiness. L'état policier rejoint les maitres du scanning des messageries en tout genre, ceux qui ont élaboré les algorithmes mystérieux pour mettre sous vos yeux en première ligne la cible, non que vous vouliez atteindre mais qu'ils voulaient vous faire adopter. 

Est-ce en espérant créer de l'embauche? Développer l'investissement dans les technologies de l'intelligence artificielle (Le Big Data), dans le stockage de données (Data Center), simplement pour s'aligner sur la NSA et démontrer notre capacité créative? Le tout allant de toute façon dans une augmentation bienfaitrice du PIB.

Et patatras, comme dans un bon polar, c'est par le plus pur des hasards, qu'un maladroit se tire une balle dans le pied. Ce pied nickelé n'est pas dans les caractéristiques des profileurs qui auraient alimenté le logiciel savant d'un bijou de boite noire. L'assassinat mystérieux d'une belle provinciale qui aurait été un critère imprévisible. C'est la preuve qu'attendaient les détracteurs de la dernière loi de sécurité, celle de régularisation des méthodes employées par le renseignement. On est loin des règles déontologiques des années 70 quand la première instruction de la CNIL la Commission Informatique et Liberté, édictait que le numéro unique de sécurité sociale (l'origine de notre fichage en carte vitale) ne devait pas servir de code de regroupement aux informations. Eviter le recoupement des données de toutes origines, car moyen évident de circonvenir aux besoins d'anonymat et de liberté.

Dans les quelques jours qui viennent, il ne semble pas possible que ça ne devienne un sujet majeur de réflexion, il est évident que ce ne soit possible que sous un gouvernement de gauche. Seul l'idéalisme aveugle peut engendrer ces règlements sans tollé dans les médias et défilés dans nos grandes artères parisiennes.

 

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