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Un département très borné.

C'est la lecture de l'article du Parisien, au sujet de l'annonce par le département du financement de bornes de recharges de véhicules électriques, qui me fait réfléchir "à voix haute" sur ce que cela représente.

voiture électrique,developpementLe déplacement en voiture, c'est le symbole de la liberté, encore l'autonomie est-elle liée à la capacité de trouver en limite de son rayon d'action la station service , le distributeur d'énergie. Les capacités des réservoirs d'essence classique, les réductions de consommation des moteurs, l'utilisation du carburant diesel, et finalement l'automatisation des distributeurs par la carte de paiement, ont sans cesse amélioré la liberté de déplacement, l'allongement des parcours. Brusquement repenser cette notion d'autonomie en adoptant la voiture électrique, est le paradoxe de notre démarche écologique.

L'énergie électrique représente dans son usage le miracle de la non pollution, pas de gaz, pas de particules, pas de bruit. Et si la production de cette énergie ne s'envisage plus que par l'aérien ou le solaire, on en rêve.

Mais on sait aussi, et maintes études l'on démontré depuis longtemps que malheureusement le cycle énergétique entre production et consommation pose d'immenses difficultés. Des progrès sont annoncés chaque jour dans le monde, et les efforts de toutes parts sont louables mais question grandeur est-on à la hauteur?

Alors regardons un peu les choses en face, et sans être trop pessimiste ou défaitiste, sommes nous proche d'une solution raisonnable?

Les constructeurs français de véhicules ont semble il "loupé le coche", du véhicule idéal.

Nous connaissons de nos vieux cours de physique, et grâce à Lavoisier en premier, que l'énergie se transforme mais qu'à chaque transformation une grande part est perdue principalement en chaleur, c'est le rendement. Pour l'électricité il faut la transporter du lieu de production au lieu d'utilisation, la aussi il y a de grandes déperditions, surtout si la puissance est plus faible, donc une seule partie arrrive à la prise qui nous permettra de la stocker dans des batteries. Car l'automobile électrique, pour être mobile doit emporter son électricité, et malgré tous les progrès il faut encore ces choses généralement assez lourdes pour "stocker" la quantité d'énergie pour un trajet acceptable. Là encore entre opération de stockage et opération d'utilisation pour activer moteur et lumières, une grande part est perdue même si les moteurs en freinant servent de dynamos.

Donc pourvu que l'on n'aille pas trop vite, que l'on n'éclaire pas, que l'on ne chauffe pas, que l'on n'écoute ni la musique, ni le guide GPS, que l'on monte peu de côtes et que l'on accueille peu de passagers, des déplacements "sans risques d'interruption" de 50 à150 km peuvent être envisagés au volant d'un véhicule électrique. Il est donc nécessaire si l'on veut espérer rentrer, ou parer à un agrandissement imprévu du parcours (déviation, erreur d'itinéraire, ..) ou simplement aller un peu plus loin, de pouvoir recharger en cours de route. Et il semble assez normal de penser aux stations service, mais d'une part elles sont de plus en plus éloignées et rares, et lorsque l'on voit la longueur des files alors qu'il faut peu de temps pour faire un plein de 50 litres de fuel pour une autonomie de 700 km, alors qu'il faut sur une prise rapide 20 minutes pour 100 km, on imagine que ce sont plutôt les hôtels-restaurant qui doivent s'équiper.

D'autres solutions ont été proposées, l'échange de batterie, avec des batteries préchargées comme on pouvait emporter un jerrycan d'essence pour une longue étape, mais la encore il faut en stocker un grand nombre et avoir les moyens d'en recharger suffisamment, donc si dans l'avenir il y a des milliers de clients journaliers, comment faire? Les batteries aussi ont en principe une durée de vie limitée par le nombre de chargement-déchargement, on a tous expérimenté avec téléphones ou ordinateurs, ces durées de moins en moins fiables avec le temps, qui obligent au remplacement, certains constructeurs ont anticipé en louant ces éléments fondamentaux.

La conjonction du pic de pollution, de la sortie de nouveaux modèles de voitures électrique, finalement d'une journée d'alternance et de transports gratuits  dans certaines grandes villes, ne pouvait aller sans l'annonce de financement de bornes publiques de recharge, au moins dans le 77.

Est-ce la rencontre d'usagers mécontents en préfecture, bloqués par manque d'autonomie en venant de Marne la Vallée, la volonté du président d'aller de son domicile à son travail dans un véhicule écologique, ou la première initiative du pôle ville Durable de l'Epamarne, pour ses agents qui doivent participer aux commissions environnement du département à Melun, mais une décision forte et coûteuse est donc annoncée dans cet article du 13 mars 2014 du Parisien.

Et ce sera le point de départ d'un suivi historique de l'usage qui en sera fait.

En résumé: financement à hauteur de 30% de six(6) bornes soit 163050€, sur un projet d'équipement de Marne la Vallée de 85 bornes à horizon 2015 et 256 à terme.

Chaque borne coûte environ 70000 € (fournie posée? TTC?) on peut espérer une baisse des prix mais à ce jour c'est un investissement de 5,6 millions en 2015 puis 17 millions, dont il est question ici. En se connectant de jour (10 h par jour) 10 minutes soit 6 voitures à l'heure, donc 60 voitures par borne. Il faut imaginer maintenant le nombre de places de parking qui seront occupées par les files d'utilisateurs qui patienteront. Je suis curieux de prendre connaissance de l'étude qui a abouti et justifié ce déploiement. 

  

                                        CG77        2015             terme?  
  6 85 256
subvention 70% 165    
total 400    
  66,67 5666,67 17066,67

 En fait, l'article du Parisien est un peu court. Et sur un site de spécialistes en véhicules électriques, on comprend que ce sont 6 bornes à recharge rapide qui coûtent si cher, mais que les autres sont des bornes "normales" où la voiture reste 20 minutes soit 6 voitures à l'heure par borne double. Et ce serait un projet de l'Epamarne partagé par les intercommunalités du Val Maubué, de Marne et Chantereine et du Val d'Europe que le département soutiendrait.

Apparemment, le spécialiste français marchand de bornes serait la société "Full-Charger" premier groupe français! appuyé sur Renault ZE, mais dont la seule information sur le net serait son site Web totalement en anglais, (Europe oblige?).

Un site Avere, dont la consultation est indispensable pour mieux connaître l'évolution, des techniques comme de la règlementation. L'avenir de toute infrastructure de transport et particulièrement celui des sites propres est-il électrique? Est-ce un point défendu par nos condidats en particulier sur la liaison Esbly-Val d'Europe qui est un axe des plus pollués en Seine- et-Marne? (étude Air-Parif pour le SCOT du Val d'Europe).

Complément Aout 2014  Nouveau texte du gouvernement pour faciliter l'installation de bornes.  Article du Parisien ici.

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